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Agence de Développement des Compétences !
Combattre l'absentéisme dans l'entreprise, une utopie
?
par Christine Delafare
Souvent considéré comme une maladie incurable voire
honteuse, l'absentéisme a des répercussions négatives
pour les entreprises et leurs salariés (surcharge
de travail pour les présents, baisse de la motivation,
perte de productivité, de qualité, de compétences).
Mais, au bout du compte, c'est la société toute entière
qui est pénalisée.
Les nombreuses études réalisées sur le sujet démontrent
que les mesures répressives prises par certaines institutions
pour limiter le nombre d'arrêts de travail (contre-visites
systématiques) ou les primes au présentéisme s'avèrent
la plupart du temps contre productrices.
L'absentéisme est un phénomène complexe. Chaque organisation
a une forme d'absentéisme qui lui est propre, même
si certaines causes peuvent être communes (conditions
de travail, relations avec le management, organisation
du travail…), avec une intensité différente. Il y
a lieu dans tous les cas de diagnostiquer finement
les causes, mais ensuite ?
Et s'il s'agissait d'attaquer l'absentéisme sous un
autre angle ? Nous suggérons de sortir de la vision
étroite du calcul de l'absentéisme comme l'addition
des jours non travaillés par les salariés. Nous proposons
d'aborder la question de manière positive, en partant
du postulat qu'il y a un taux d'absentéisme normal,
acceptable, naturel, lié à l'activité même et donc
affirmer dans l'entreprise certains principes :
- un salarié peut tomber malade,
- il est dans la nature des choses que les femmes
s'arrêtent de travailler pour avoir des enfants
- il est tout à fait admis que les jeunes parents
s'arrêtent ou réduisent leur présence dans l'entreprise
pendant un temps
- il est explicable qu'un salarié qui vieillit ait
des arrêts de travail plus fréquents, voire plus longs
que ses jeunes collègues
- il existe des maladies qui entraînent de longs arrêts
de travail
- les congés spéciaux sont légitimes
- la pénibilité des postes a une incidence directe
sur le niveau d'absence …
Cette approche permet de définir entreprise par entreprise,
un niveau d'absence incompressible, de l'intégrer
dans le calcul des ressources et ainsi le gérer.
Une fois cette remise à plat effectuée, nous pouvons
nous attaquer au vrai fléau : les absences injustifiées,
directement liées à la motivation de la personne salariée
à être ou non présente à son poste de travail.
Nous avons identifié un certain nombre de leviers
qui permettent de limiter considérablement le nombre
d'absences injustifiées ou abusives. Mieux vaut en
effet anticiper les problèmes d'absentéisme que d'avoir
à les gérer.
1) Légitimer dans l'entreprise les absences légitimes
2) Mettre en place des méthodes de gestion des absences
prévues et incompressibles
3) Mesurer le risque de recours à l'absence injustifiée
dans les entretiens de recrutement
4) Expliquer clairement aux niveaux embauchés la position
de l'entreprise sur les absences justifiées et injustifiées,
leur faire comprendre les conséquences des absences
injustifiées
5) Instaurer des conditions de travail favorables
pour que les salariés donnent le meilleur d'eux-mêmes
(d'abord en étant présent)
6) Développer des principes de management des équipes
: respectant les individus, les rendant acteur de
leur mission, permettant à chacun de s'exprimer et
de communiquer, renforçant l'apprentissage et la progression
de chacun, valorisant et récompensant la performance
7) Renforcer l'esprit d'équipe, la solidarité, la
fierté d'appartenance à l'entreprise
8) Effectuer des entretiens de retour au poste après
chaque absence
9) Pratiquer des entretiens de recadrage systématiques
en cas de comportement déviant
10) Communiquer sur le bon niveau de présentéisme
des collaborateurs. Nous sommes convaincus que pour
régler la question de manière durable, il faut avant
tout changer d'état d'esprit et aborder l'absentéisme
non du côté problème mais plutôt du côté solutions.
